SOUVENIRS SOUVENIRS

03 Septembre 1972, vol RK 11 (AIR AFRIQUE) - Marseille - Ouagadougou - Abidjan en DC 8 - 63.

Me voilà sur le sol ivoirien pour la première fois. Il fait chaud et très humide, on sort juste de la saison des pluies. Je suis avec ma mère et mon frère, mon père était arrivé 15 jours plus tôt.

Direction ADIOPODOUME plus connu sous le nom de KM 17. C'est le centre de recherche de l'ORSTOM, site sur lequel sont présents aussi la fondation NESTLE et l'institut PASTEUR.

Je découvre pour la première fois le cachet de nivaquine, ma première nuit avec climatiseur, ma première mygale, mon premier scorpion, l'eau filtrée, les margouillats, tous les serpents, les goliaths, les termitières, la nuit noire à 18 h 15, les odeurs de la brousse, le 'cricri' incessant des criquets, le bruit léger mais constant des 'AHUA'' dans la nuit profonde, le cri des singes au loin et puis tous ces gens noirs avec leur '' Ah Madame ! Bon'arrivée ! ''.

Puis très rapidement j'apprends à découvrir les bananes ''vertes'' mais mûres, les ananas si juteux et sucrés, la pomme d'eau, les goyaves, la cola, les mangues que l'on essaye de faire tomber de l'arbre en jetant une pierre ou un bout de bois, le manioc, l'igname, l'aloco qui deviendra rapidement mon 4 heures préféré, les frigolos, le seven UP, le fanta, le sprite, les jeux concours à l'intérieur des capsules, les bonbons mimos, les magnians et leurs colonnes interminables , les écophiles rouges, les avocats, le café, la cabosse de cacao, les noix de coco et ses fameux beignets de coco râpé sans oublier son lait pour se désaltérer, les évéas et leur sève blanche qui n'est autre que le caoutchouc brut, les agoutis, les nian-nians ( porc et pic ), les papillons de jour et de nuit toujours de plus en plus gros, le frangipanier et sa sêve blanche dont tu ne peux plus te défaire, la citronnelle, marcher pieds nus, les cocotas, les discussions avec le Boy, le jardinier ou le gardien à la lumière de la torche, les balafons, les calebasses, enfin toutes ces choses simples mais indéfinissables.

Rapidement aussi ce sont les premiers mots en DIOULA ;
A ka kéné ? ,
A ni Sogoma ?
Um ka kéné kosso bê
i fari bê di ?
um beta sougourou yini
buru béna wa ?
sé gi dia,
puis aussi rapidement arrivent les Babiê, les A gnê flé, tous ces gros mots que l'on apprend plus vite que les mathématiques.

Voilà comment en 4 ans je suis devenu un vrai petit ''villageois'' surnom que j'ai encore parmi mes plus proches amis de cette époque là.

1976 et c'est le déménagement vers Abidjan. Le ''vieux'' vient d'être muté à la Capitale et plus précisement à l'université de Cocody. En attente de logement définitif, nous sommes logés au tout nouvel hôtel du golf (qui n'est même pas fini). 2 mois plus tard, on nous attribue en catastrophe un appartement aux 8 logements, situé au carrefour St Jean de COCODY face à l'Eglise le long du boulevard LATRILLE. C'est le temps de la visite du Président de la République Française ; Valery Giscard d'Estaing, puis du tout jeune pape Jean Paul II. Un an plus tard, l'affectation définitive est pour le quartier CIDECI aux 2 plateaux, juste au dessus de la gare d'ABOBO.

Comme tout bon ''villageois'', je vais au collège d'orientation de Cocody sur la route de la riviéra, face au lycée Ste MARIE.... Et oui les bons toubabs vont à MERMOZ.
Ce sera la 6°6, la 5°6, la 4°6, la 4°3 et la 3°3.

Démarre alors le temps des émissions télé telles que : le saint, cosmos 1999, dago, l'homme de fer, mais surtout le temps des ''gazoils'' dans tout ''ABADJAM'' , des Gos (eh Dieu comme je les ai fatiguées !), des bringues du samedi soir que ce soit au ''passé simple'' au ''bagherra'' ou chez quiconque qui a un peu de musique et de la place, de l'hôtel Ivoire avec son bowling, sa patinoire et son cinéma, des maquis surtout à cocody et à ''TRECHTOWN'' et leurs famaux ''poulets bicyclettes'', alocodrome, Assinie et les week end interminables, Bassam et ses paillottes, le foutou, l'atièkè, le poulet kdjénou, l'agouti sauce graine, poulet sauce arachide, le Calalou, les crabes farcis, les langoustes, le capitaine, les courses de moto-cross au KM17 avec les frères MOULINIER, le rallye du BANDAMA et la fameuse mercédes 500 de WALDEGARD, ou l'AUDI quatro de Michèle MOUTON, des gris-gris ou des ''Gbas'', de la FLAG, du bangui, du coutoucou, du ''MAZOUT'' (whisky coca), du chorobi, des palabres et des grands frères,

Voilà comment 11 ans plus tard, j'étais un IVOIRIEN à part entière. Il ne manquait que la couleur de peau pour m'appeler YAO ou KOFFI ou GAOUSSOU ou je ne sais quoi encore mais qui m'aurait collé à merveille.

Et puis est arrivé ce 6 juillet 1983, jour où ma vie a BRUTALEMENT changé. C'est le retour défintif chez les ''Frenchies''. Il pleuvait en ce 06 juillet. A cette date beaucoup étaient déjà rentrés pour les vacances scolaires ou définitivement comme je m'apprétais à le faire. Même si j'ai redouté pendant longtemps ce jour là, j'avais pensé au déroulement de cette journée depuis des mois et des mois. Pour la dernière, il fallait que j'emmagasine le maximum de photos , d'odeurs et de souvenirs dans mon esprit. Cette dernière journée a ressemblé à un pèlerinage.
Je suis parti le matin à pied pour faire le tour du quartier CIDECI où j'habitais pour saluer tous les 'frères'' une dernière fois puis direction COCODY pour aller voir une dernière fois le quartier ST JEAN et le marché de cocody, les 8 logements où j'ai fait un bref passage, l'hôtel IVOIRE, le lycée Classique, le collège de cocody, le terrain de foot de l'université, le judo club.
Ce sera ensuite la riviéra et l'hôtel du Golf.
Par la ''vallée des parfums'' et l'Indégnié j'arrive au plateau, je passe devant le stade Félix Houphouet BOIGNY, la rue du commerce, le NAIN JAUNE, la BIMBLOTERIE, NOUAR AL HAYAT, la SIB, la PYRAMIDE, le CALAO et ses chauves souris, sans oublier le PASSE SIMPLE puis la POSTE avant de prendre le pont Houphouet Boigny pour une dernière virée dans ''TRECHTOWN'' afin de chorobiter une dernière fois. Je n'ai même pas abordé les ''toutous'' ce jour là, je n'étais pas là pour ça.
Enfin ce fût ma dernière Flag au maquis de COCODY où j'avais pris l'habitude d'aller depuis 2 ans pour un dernier poulet braisé et plein de piment. Pendant ce repas, c'est 13 années de ma vie qui défilaient dans mon esprit en pensant surtout aux plus belles choses que je ne vivrais plus et je pensais aussi au grand néant qui m'attendait derrière. Le poulet avait l'air salé plus que d'ordinaire, mais j'ai vite compris que c'était les larmes qui coulaient tout doucement sur mes joues qui lui donnaient ce goût si particulier, les mêmes larmes qui coulent aujourd'hui encore, 24 ans après, en écrivant ce texte et en repensant à cette journée. Le serveur qui a vu ma détresse m'a dit : ''Mon frère c'est pas au révoi, c'est à bientôt Oh !''. Cette visite d'adieu était avec Ghassan CHALOUB, qui est toujours au pays, mon vieux frère !
Pour tout vous dire, je n'ai plus beaucoup parlé jusqu'à l'aéroport. De toute façon pour dire quoi ... sinon que l'on m'arrachait le coeur et l'âme.
Avant de monter dans l'avion, je n'ai pas pu m'empêcher d'embrasser le sol et puis le décollage, Hum ! Abidjan la nuit que c'est beau !
Mes yeux étaient bien rouges à l'arrivée à MARSEILLE mais cela ne venait pas de la fatigue vous vous en doutez.
..........Dieu que c'est dur de faire pousser une plante tropicale en France !

06 Juillet 1983, vol UT 868 (UTA) - Abidjan - Marseille en DC 10 .




SOUVENIRS SOUVENIRS

# Posté le samedi 10 novembre 2007 08:14

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 04:24

ABIDJAN - la belle !

Je me réveillais tous les matins dans ta douce chaleur rassurante et motivante.
Tu es la ville de mon enfance, de mes rêves, de mes rires et de mes larmes.
Tu es la ville de mes premiers amours, de mes premières angoisses, de mes premières bringues
Tu es la ville qui a fait de moi un petit ''Brigand'', mais aujourd'hui un homme la tête bien remplie
Tu es MA ville, mon repère et mon guide.
Il n'y a pas un jour sans que je ne pense à toi.
Tu es pour moi la plus belle de jour comme de nuit.

Ah nostalgie quand tu nous prends !
ABIDJAN - la belle !

# Posté le samedi 10 novembre 2007 12:55

Modifié le jeudi 15 novembre 2007 11:23

HOUPHOUET dit ''le Vieux''

HOUPHOUET dit ''le Vieux''
FELIX HOUPHOUËT-BOIGNY

Né le 18 octobre 1905 à Yamoussoukro, au centre de la Côte d'Ivoire, dans une famille aisée de chefs coutumiers, il est à cinq ans roi de la tribu des Akoués.

Confronté à la réalité des sacrifices humains, il se convertit au catholicisme à l'âge de 11 ans. Des études à l'école primaire de Bingerville, puis à l'Ecole normale et à l'Ecole de médecine de Dakar le conduisent à une carrière de médecin. Il prend dès 1932 la défense des planteurs de cacao, soumis au travail forcé, et en 1944 fonde le Syndicat agricole africain.

La Côte d'Ivoire obtenant, comme les autres colonies, sa représentation à l'Assemblée constituante française en 1945, Félix Houphouët-Boigny en est élu député et le restera jusqu'en 1959. Il fait adopter la suppression du travail forcé dans les colonies d'Afrique, fonde en 1946 le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), qui est la section ivoirienne du Rassemblement démocratique africain (RDA), qu'il présidera. Il est ministre du gouvernement français à cinq reprises entre février 1956 et juillet 1959. La présidence du Grand Conseil de l'Afrique occidentale française (AOF) qu'il prend en 1957 lui offre une tribune idéale pour déclarer sa volonté de voir la Côte d'Ivoire indépendante. Premier ministre de son pays en 1959, il le mène à l'indépendance le 7 août 1960 puis est élu à sa présidence le 27 novembre suivant.

Constamment réélu de 1965 à 1990, Félix Houphouët-Boigny parvient à maintenir la stabilité d'une nation formée d'une soixantaine d'ethnies. Il profite d'une forte croissance économique soutenue par les cours du café et du cacao pour lancer des plans de développement et d'industrialisation qui feront le "miracle ivoirien".

Celui que ses compatriotes surnommaient le "Vieux" laissera à sa mort le 7 décembre 1993 un pays orphelin qui cherche ses marques.

Nous sommes tous des ''enfants '' du ''Vieux''

# Posté le samedi 10 novembre 2007 13:02

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 10:52

PRESENTATION DE LA COTE D'IVOIRE

PRESENTATION DE LA COTE D'IVOIRE


République de Côte d'Ivoire

Capitale: Yamoussoukro (depuis 1983)
Population: 15,3 millions (1998)
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: aucun
Groupes minoritaires: environ 70 langues nationales, dont le baoulé, le sénoufo, le yacouba, l'agni, l'attié, le guéré, le bété, le dioula, l'abé, le mahou, le wobé, le lobi, etc.
Langue coloniale: français
Système politique: république unitaire
Articles constitutionnels (langue): article 29 de la Constitution du 23 juillet 2000

1 Situation générale

La Côte d'Ivoire est un État d'Afrique occidentale de 322 463 km² (l'équivalent de l'Allemagne), baigné par le golfe de Guinée au sud (l'océan Atlantique), limité à l'ouest par le Libéria et la Guinée, au nord par le Mali et le Burkina, à l'est par le Ghana (voir la carte générale du pays).
Le territoire ivoirien est divisé en 19 régions (voir la carte détaillée des régions), puis en 58 départements, 243 sous-préfectures et 197 communes. Les régions administratives sont les suivantes: région des Lagunes, région du Sud-Comoé, région de l'Agnéby, région du Haut-Sassandra, région des Savanes, région de la Vallée du Bandama, région du N'zi-Comoé, région du Moyen-Comoé, région des Montagnes, région des Lacs, région du Zanzan, région du Bas-Sassandra, région de Worodougou, région du Denguélé, région du Sud-Bandama, région de la Marahoué, auxquelles il faut ajouter, depuis 1999, la région du Fromager, la région du Moyen-Cavally et la région du Bafing.

Départements

1 Région des Lagunes Abidjan, Alépé, Dabou, Grand-Lahou, Jacqueville, Tiassalé
2 Région du Sud-Comoé Aboisso, Adiaké, Grand-Bassam
3 Région de l'Agnéby Agboville, Adzopé
4 Région du Haut-Sassandra Daloa, Gagnoa, Issia, Vavoua
5 Région des Savanes Korhogo, Boundiali, Ferkessédougou, Tengrela
6 Région de la Vallée du Bandama Bouaké, Béoumi, Dabakala, Katiola, Sakassou
7 Région du Moyen-Comoé Abengourou, Agnibilékro.
8 Région des Montagnes Man, Bangolo, Biankouma, Danané, Duékoué
9 Région des Lacs Yamoussoukro, Tiébissou, Toumodi
10 Région du Zanzan Bouna, Bondoukou, Tanda
11 Région du Bas-Sassandra San-Pedro, Sassandra, Tabou, Soubré
12 Région de Worodougou Mankono, Séguéla, Touba
13 Région du Denguélé Odienné
14 Région du Sud-Bandama Divo, Lakota
15 Région N'Zi Comoé Bongouanou, Bocanda, Daoukro, M'Bahiakro, Dimbokro
16 Région de la Marahoué Sinfra, Bouaflé, Zuenula
17 Région du Fromager Gagnoa, Oumé
18 Région du Moyen-Cavally Ofékoué, Guiglo, Toulepleu
19 Région du Bafing Touba

Abidjan, la capitale économique du pays et son plus grand port, abrite 3,9 millions d'habitants. Depuis qu'en 1983 Yamoussoukro, ville natale de l'ancien président Houphouët-Boigny, est devenue la capitale politique du pays, la population de cette ville a plus que triplé, pour atteindre pratiquement 300 000 habitants. Comme autres villes importantes, mentionnons aussi Bouaké (1,5 million d'habitants), Daloa (173 107 ), Korhogo (142 039 ), Man (116 657) et Gagnoa (107 124 ).

2 La situation démolinguistique

La population ivoirienne est assez inégalement répartie dans le pays, puisque la région des Lagunes (avec la ville d'Abidjan) compte à elle seule 34 % de la population totale; les cinq régions les plus peuplées (Lagunes, Haut-Sassandra, Savanes, Vallée du Bandama, Montagnes) dépassent les 73 % de la population.

2.1 Les ethnies
La Côte d'Ivoire constitue une véritable mosaïque ethnique, car on y dénombre plus de 60 ethnies différentes qu'on peut regrouper en quatre grands groupes (selon des critères linguistiques):
1) Le groupe mandé : localisé dans le nord-ouest du pays, ce groupe, appelé aussi mandingue, compte surtout les Malinké, les Bambara, les Dioula, les Foula, etc. Au centre-ouest, l'ethnie des Dan réside dans la zone montagneuse du pays, principalement autour de Man.
2) Le groupe krou : au centre-sud et au sud-ouest résident les Krou ou Magwé, la principale population de cet ensemble ethnique étant les Bété.
3) Le groupe gour (voltaïque): au nord-est, ce groupe constitue l'un des plus anciens peuples du pays, avec les Sénoufo et les Lobi, qui habitent le Nord.
4) Le groupe akan : à l'est, au centre et au sud-est se trouvent les Akan, l'ethnie la plus nombreuse, et que l'on divise en Akan du Centre (principalement Baoulé), en Akan frontaliers (Agni, Abron, etc.) et en Akan lagunaires (Ebrié, Abouré, Adioukrou, Appolloniens, etc.).
Les ethnies les plus importante sont les Sénoufo (9,7 %), les Malinké (8,5 %), les Baoulé (6,6 %), les Dan ou Yacouba (5,9 %), les Bété (5,7 %), les Agni (4,5 %), les Gouro (3,6 %), les Dioula (3,4 %), les Guéré (3,4 %), les Dida (2,1 %), les Lobi (1,8 %), les Wobé (1,7 %), les Abé (1,4 %), les Adjoukrou (1 %), les Ébrié (0,7 %), etc.
La Côte d'Ivoire accueille sur son sol quatre à cinq millions d'étrangers, soit au moins le tiers de sa population, un cas presque unique au monde. Mentionnons notamment les Burkinabés (environ trois millions), les Ghanéens (environ 500 000), les Libériens (100 000), les Européens (environ 20 000 Français, dont un tiers de binationaux, des Allemands, des Belges, etc.), les Américains et les Syro-Libanais (environ 100 000).

2.2 Les langues
Sur le plan linguistique, le pays offre une aussi grande diversité: on y dénombre quelque 70 langues. La quasi-totalité des langues appartient à la grande famille nigéro-congolaise. Les colonisateurs français ont à l'époque regroupé les langues en groupes linguistiques. On distingue ainsi en côte d'Ivoire les langues kwa, gour, krou et mandé. Seules 17 langues sont parlée par 100 000 locuteurs ou plus:

Langue Locuteurs % Groupe linguistique
Baoulé 2 130 000 14,8 % kwa
Sénoufo 1 245 500 8,7 % gour
Yacouba (dan) 800 000 5,5 % mandé
Agni 610 000 4,2 % kwa
Attié 381 000 2,6 % kwa
Guéré 317 688 2,2 % krou
Bété 280 000 1,9 % krou
Dioula 179 000 1,2 % mandé
Abé 170 000 1,1 % kwa
Mahou 169 100 1,1 % mandé
Wobé 156 300 1,0 % krou
Lobi 155 800 1,0 % gour
Koulango 142 000 0,9 % krou
Abron 131 700 0,9 % kwa
Dida 101 600 0,7 % krou
Adioukrou 100 000 0,6 % kwa
Soninké 100 000 0,6 % mandé

Le dioula occupe une position privilégiée, car il sert de langue véhiculaire commerçante entre les Ivoiriens; bien qu'il ne constitue la langue maternelle que de 14,8 % de la population, il serait parlé comme langue seconde (à des degrés divers) par sept millions de locuteurs, ce qui lui confère un rôle important comme langue véhiculaire, notamment dans les échanges commerciaux. La vitalité des langues ivoiriennes ne fait pas de doute puisque 88 % des conversations relevées dans les marchés se font dans l'une de ces langues. De plus, la moitié des enfants parleraient au moins deux langues africaines dont le dioula, le baoulé, le bété et l'agni. C'est pourquoi il demeure surprenant que les langues ivoiriennes n'aient pas encore obtenu un rôle plus important dans la vie sociale du pays.
Quant au français, c'est la langue officielle de l'État et celle de l'école. On estime qu'environ les deux tiers de la population âgée de six ans et plus pratique «une forme de français». Plus d'un million de locuteurs n'utilisent qu'une variété pidginisée de français, appelée parfois «français petit-nègre», idiome à peu près inintelligible pour un francophone non ivoirien.

2.3 Les religions

Il n'existe pas de religion majoritaire en Côte d'Ivoire. Plus du tiers des Ivoiriens (38 %) adhère à l'islam. Suit le christianisme, surtout le catholicisme (22 %) et le protestantisme (5,5 %). Le reste de la population, notamment dans les campagnes, est demeuré fidèle aux religions traditionnelles ou tribales (17 %), qui imprègnent plus ou moins profondément les autres croyances. Enfin, 17 % des Ivoiriens ont d'autres religions.

3 Données historiques

Dès le XVe siècle, les explorateurs portugais parvinrent jusqu'à la côte à partir de laquelle ils organisaient la traite négrière et le commerce de l'ivoire. Rappelons que, 1494, le pape Alexandre VI Borgia avait contraint les Espagnols et les Portugais à signer le traité de Tordesillas qui traçait les limites territoriales entre l'Espagne et le Portugal: tout ce qui serait découvert à l'ouest du méridien appartiendrait à l'Espagne et à l'est (Brésil et Afrique), au Portugal. C'est ce qui explique pourquoi ce furent d'abord les Portugais qui colonisèrent l'Afrique de l'Ouest, sous l'impulsion du roi Henri le Navigateur, vers 1470. C'est aussi au cour de cette période que datent les différentes appellations données au pays par les Européens; celles-ci varient en fonction de l'accueil que les populations leur réservaient et des produits qu'ils échangeaient avec ces dernières. C'est ainsi qu'on a Côte des males gens (ou «mauvaises gens»), Côte des graines et de la malaguette (nom donné au poivre de la Guinée), Côte des dents, Côte du morphil (nom donné à l'ivoire) et Côte d'ivoire. Les Portugais donnèrent à plusieurs villes et fleuves les noms que nous leur connaissons aujourd'hui: Sassandra, San Pedro, Fresco, Cabo Palmas, etc.
Afin de répondre aux nouveaux besoins de la révolution industrielle, l'amiral français Bouet croisa régulièrement dans la région à partir de 1830. Il signa plusieurs contrats de monopole du commerce avec les chefs des différentes tribus ivoiriennes. Ces contrats portaient essentiellement sur le commerce de l'or, de l'ivoire, du caoutchouc et de l'huile de palme. Petit à petit, les Français s'installèrent sur toute la côte jusqu'à ce qu'ils soient chassés par les Anglais en 1870.

3.1 La colonisation française

Cependant, le négociant français Arthur Verdier décida de rester en Côte d'Ivoire et de tenir tête aux Anglais; il fit planter du café dans la région d'Assinie. On sait que la culture du café deviendra plus tard la principale culture en Côte d'Ivoire avec le cacao. Mais les Français se trouvèrent en compétition ouverte pour la domination de la région avec les Britanniques qui avaient jeté leur dévolu sur la Côte-de-l'Or (l'actuel Ghana), la Gold Coast devenue la colonie britannique la plus prospère. Les Britanniques imposèrent partout leur langue et leurs institutions dans leurs colonies, au Ghana comme ailleurs. Les zones d'influence respectives de la Grande-Bretagne et de la France furent fixées au congrès de Berlin en 1885. Louis Gustave Binger (1856-1926) fut nommé «résident français aux Établissements de la Côte d'Ivoire» et, à ce titre, agit comme le représentant de la France auprès des chefs locaux. À partir de 1887, Marcel Treich-Laplène, un commis de Verdier, remonta vers le nord du pays en signant des traités au nom de la France, notamment avec les Bettié, les Agni et les Abron. Le 10 mars 1893, le décret portant création de la Colonie de Côte d'Ivoire était signé et Louis Gustave Binger en devenait le gouverneur et Grand-Bassam fut choisie comme capitale. Les Français se heurtèrent à la résistance farouche des populations, qui utilisèrent les tactiques de la guérilla. Les foyers d'opposition furent réprimés de manière brutale et les différentes régions de la Côte-d'Ivoire ne furent conquises qu'une à une, car il faudra plus de vingt ans à la France pour réellement s'imposer dans la région.
Dans son entreprise de conquête de l'intérieur des terres, la France se heurta dans le Nord au conquérant malinké, Samory Touré, un guerrier d'origine guinéenne dont les forces étaient armées de fusils acquis auprès des Britanniques. En 1897, Samory fit raser la ville de Kong, dont les habitants avaient pactisé avec la France; celle-ci dut même avoir recours à l'aide britannique pour anéantir le nouvel empire de Samory Touré, qui ne fut vaincu qu'en 1898 et déporté au Gabon où il mourut en 1900. Le conflit avait tout de même dévasté une grande partie de la région. En 1899, Grand-Bassam subit une terrible épidémie de fièvre jaune; les Français se retirèrent de la ville et firent de Bingerville la nouvelle capitale de la Côte d'Ivoire.

La France ne put assurer sa domination sur l'ensemble de la Côte d'Ivoire qu'au début du XXe siècle. En 1902, la Côte d'Ivoire intégra l'Afrique occidentale française dont le gouverneur résidait à Dakar. À partir de 1908, le gouverneur Angoulvant élabora un plan de «pacification» définitive, mais les autorités coloniales durent réprimer les révoltes des Baoulé et des Bété jusqu'en 1915.
La culture du café, introduite en Côte d'Ivoire par les colonisateurs dès 1882, se développa et une classe de petits planteurs apparut. En 1932, Félix Houphouët-Boigny, jeune médecin formé à l'École de médecine de Dakar, prit la défense des planteurs de cacao contre l'appropriation des terres par les grands propriétaires coloniaux et contre la politique économique qui pénalisait les planteurs autochtones. La Côte d'Ivoire fut alors soumise aux milieux d'affaires comme la SCOA, la CFAO et les Établissements Peyrissac. Ces grosses compagnies incitèrent le gouvernement français à intégrer à la colonie, entre 1932 et 1947, les régions très peuplées du centre et du sud de la Haute-Volta (l'actuel Burkina), dont les habitants étaient recrutés pour le travail dans les plantations et constituaient le gros des contingents de «tirailleurs sénégalais» envoyés sur le front européen durant les deux guerres mondiales. Le recours au travail forcé, pour la construction de la voie ferrée entre Abidjan et Ouagadougou destinée à parfaire l'intégration économique de ces territoires, renforça l'opposition anticoloniale.
En 1944, Houphouët-Boigny créa un syndicat agricole africain (le Syndicat agricole africain, SAA), qui fut à l'origine du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Les différentes factions politiques créées dans les colonies de l'Afrique occidentale française (AOF) menèrent le combat pour l'indépendance. Au cours des deux guerres mondiales, les Français mirent abondamment à contribution leurs colonies: ils recrutèrent un grand nombre de soldats en Côte d'Ivoire, accrurent le travail forcé et exigèrent la fourniture gratuite de certains produits comme l'huile de palme et le caoutchouc. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la pression économique et le durcissement du régime provoquèrent le mécontentement croissant de la population et la montée du nationalisme. En 1946, Houphouët-Boigny, alors député de la Côte d'Ivoire à l'Assemblée française, fut à l'origine de la loi abolissant le travail forcé dans les territoires français d'outre-mer, un statut auquel accéda, la même année, la Côte d'Ivoire.

Les partis politiques ivoiriens, à ce moment apparentés au Parti communiste français, s'opposèrent violemment à l'Administration française en 1949 en soutenant les grèves suscitées par la chute des cours du cacao. En 1951, Houphouët-Boigny adopta une stratégie de coopération avec le gouvernement français. Il participa à l'élaboration de réformes qui allaient déboucher sur la décolonisation. En 1957, il devint ensuite président du Conseil de l'AOF et déclara sa volonté de voir naître une Côte d'Ivoire républicaine et indépendante.

3.2 La Côte d'Ivoire indépendante

Le 4 décembre 1958, la Côte d'Ivoire devint une république au sein de la Communauté française, Houphouët-Boigny assurant les fonctions de premier ministre. Proche allié du général de Gaulle, Houphouët-Boigny rompit les liens unissant la Côte d'Ivoire à la France et proclama, le 7 août 1960, l'indépendance ivoirienne. Les deux États conservèrent néanmoins des relations étroites, notamment à travers la présence, en Côte d'Ivoire, d'une importante communauté française. Le 24 avril 1961, la France signait avec la Côte d'Ivoire, ainsi que le Dahomey et le Niger, un accord de défense militaire. Les responsables politiques ivoiriens décidèrent de maintenir la langue qui leur semblait la plus immédiatement disponible et opérationnelle: la langue de l'ancien colonisateur, le français. De toute façon, le président Houphouët-Boigny fut l'un des grands défenseurs du français en Côte d'Ivoire: pour lui, le français constituait le «ciment de l'unité nationale» et ne devrait souffrir la concurrence d'aucun «dialecte». Le maintien du français en Côte d'Ivoire est apparu comme un moyen de neutraliser les particularismes locaux et de fondre les groupes ethniques en une seule nation. L'un des présidents de l'Assemblée nationale a déclaré aux Nations unies à ce sujet:

Je dois toutefois à la vérité de dire qu'en ce qui concerne mon pays, l'adoption du français, par l'article premier de notre Constitution, a sans doute été l'un des facteurs d'unité qui ont favorisé l'aboutissement heureux et si rapide de l'oeuvre de construction nationale dont Son Excellence le président Félix Houphouët-Boigny avait fait un des premiers thèmes de son action. Le français, librement accepté par nous, a été un facteur de cohésion à l'intérieur de la Côte d'Ivoire où il a favorisé le regroupement de nos quelque cent ethnies.
Le choix du français n'est pas étranger non plus à la croissance économique d'ailleurs remarquable de la Côte d'Ivoire.

(1905-1993) La stabilité politique du pays qu'établit Houphouët-Boigny à travers un régime de parti unique favorisa la forte croissance économique des années soixante et soixante-dix (on parlait alors du «miracle ivoirien»), grâce à la bonne tenue des cours du café et du cacao, et à la création d'une caisse de stabilisation (Caistab) assurant aux paysans des revenus réguliers. La politique paternaliste d'Houphouët-Boigny suscita cependant une opposition croissante (manifestations étudiantes, conspirations dans l'armée, etc.). En 1983, le président Houphouët-Boigny, né à Yamoussoukro, décida d'en faire la capitale de la Côte d'Ivoire. Il y entreprit de grands travaux et fit construire une très grande cathédrale sur le modèle de Saint-Pierre de Rome (basilique Notre-Dame-de-la-Paix), alors que le pays ne comptait que 22 % de catholiques. Le déploiement d'un tel faste, alors même que l'économie nationale s'effondrait, alimenta le mécontentement de la population.
En 1990, Houphouët-Boigny accepta, sous la pression des manifestations, d'instaurer le multipartisme. Dès cette époque, le problème de sa succession se posa, mais le président ne laissa pas aux dauphins constitutionnels (les présidents successifs de l'Assemblée nationale) la possibilité de s'imposer. Ce fut notamment le cas de Philippe Yacé (1920-1998). Président de l'Assemblée nationale pendant de nombreuses années, et collaborateur dévoué d'Houphouët-Boigny depuis 1941, il réprima le «complot» de 1963 et fut longtemps considéré comme le dauphin du chef de l'État, jusqu'à sa disgrâce en 1980. En octobre 1990, Houphouët-Boigny fut réélu pour un septième mandat de cinq ans, à l'issue des premières élections pluralistes du pays. L'ouverture politique ne fut cependant que formelle: en 1992, les principaux dirigeants de l'opposition, dont Laurent Gbabo, fondateur du Front populaire ivoirien, furent emprisonnés.

Puis, Houphouët-Boigny, celui que les Ivoiriens avaient surnommé «le Vieux», mourut le 7 décembre 1993 (jour anniversaire de l'indépendance) à l'âge de 88 ans. Le décès du seul président de la République depuis l'indépendance ouvrit la voie à des expériences politiques incertaines et à des changements brutaux. Trois chefs d'Etat se sont succédé à la tête du pays depuis lors, sans parvenir à restaurer cette stabilité politique.


# Posté le lundi 12 novembre 2007 07:05

Une enfance en COTE D'IVOIRE C'est .........................................

Une enfance en Côte d'Ivoire

C'est...........fait de Bonheur et de simplicité
C'est ..........fait de soleil et de chaleur
C'est ..........fait de plages et de cocotiers

C'est ..........fait de blancs et de noirs
C'est ..........fait de Chrétiens et de Musulmans
C'est ..........fait de Bétés et de Baoulés
C'est ..........fait de Dioulas et de Sénoufos

C'est ..........fait de Tabaskis et de noéls
C'est.......... fait de respect et d'amitiés indéboulonnables
C'est.......... fait de belles filles et de douces histoires d'amour


Une enfance en COTE D'IVOIRE c'est .......................... LE PARADIS !
Une enfance en COTE D'IVOIRE C'est .........................................

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:00

Modifié le jeudi 15 novembre 2007 12:42

ADIOPOUDOUME - km 17 - centre de l'ORSTOM - 1972

Voici ''l'hôtel''

Tous les toubabs qui arrivaient sur le centre transitaient par ''l'hôtel'' avant d'avoir sa case.

C'est dans ce lieu que j'ai connu ma première nuit avec clim, mes premières mygales, mes premiers scorpions,....
ADIOPOUDOUME - km 17 - centre de l'ORSTOM - 1972

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 11:08

Modifié le jeudi 22 novembre 2007 08:38

ADIOPOUDOUME 1972


Voici les labos où mon vieux faisait ses expériences
ADIOPOUDOUME 1972
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# Posté le jeudi 15 novembre 2007 12:54

Modifié le jeudi 15 novembre 2007 16:55

OCTOBRE 1972

Me voici en octobre 1972 !

Nous venons d'avoir notre case.
Je vous présente ma petite voisine de l'époque Valérie DIZES dont j'ai perdu la trace depuiiiiiiiiiiiiiiiiis

Christophe et Valérie (DIZES), si un jour votre route croise ce blog ou si quelqu'un est en contact avec eux, j'attends un signe !
OCTOBRE 1972

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 12:58

Modifié le jeudi 22 novembre 2007 08:51

ADIOPOUDOUME 1972

1973 !

Je vous présente ma ''vieille''

Ah pour l'allure générale, c'est sûr c'était juste après le réveil.
ADIOPOUDOUME 1972
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# Posté le jeudi 15 novembre 2007 13:00

Modifié le samedi 24 novembre 2007 04:10

ADIOPOUDOUME 1974

Me voici en train de rafraichir la route !

A cette époque là, y'avait pas goudron, y'avait poussière seulement !
ADIOPOUDOUME 1974

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 13:02

Modifié le mardi 27 novembre 2007 10:56